[SECTION SPORTIVE] Intervention de David Inquel, ex Judoka professionnel.

En début d’année, les intervenants de la Section Sportive ont organisés une réunion parents-encadrants et à eu le plaisir de recevoir David Inquel, ancien Judoka professionnel médaillé mondial afin  de parler de son expérience de Sport Etude aux enfants et aux parents. Voici comment ça se passa…

Partie sport

Les jeunes de la Section Sportive se sont réunit et ont commencés à rédiger des questions à destination de David Inquel, ancien Judoka professionnel, intervenant de cette journée « réunion parents – équipe formation de la Section Sportive ». 

La porte de la salle où nous nous trouvions s’ouvrit et les athlètes en devenir virent entrer un champion d’un mètre soixante-seize, à la carrure imposante. Bien habillé, façon businessman, le sportif mis les jeunes à l’aise en se présentant et en demandant un tour de table de ses auditeurs pour avoir leur prénom, âge, classe et poste sur la glace.  

David connecta son Mac au vidéo projecteur installé pour l’occasion et commença à parler de son parcours sportif… 

« Chez moi, en Bretagne, il n’y avait que des clubs de foot ; mon père lui-même est footballeur. Mais, quelque temps avant mes 6 ans, un professeur de Judo installa, pas loin de chez nous, un dojo pour la pratique du Judo. Un de mes grands cousins suggéra à mes parents de m’inscrire à cette discipline. A 6 ans j’y suis allé et ça a été un coup de cœur, je n’ai jamais lâché ce sport ». 

David parla ensuite des établissements sportifs qu’il fréquenta et des médailles gagnées : 

« J’ai donc été au dojo de ma ville à 6 ans. Entre 12 et 15 ans, j’ai gagné des médailles régionales. Puis, à 16 ans jusqu’à mes 20 ans, je suis parti en Sport Etude, à Rennes. Là-bas, j’ai percé et je me suis fait recruter à l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) ; j’y suis resté 8 ans. 

Jusqu’à 15 ans, j’avais un bon niveau régional. Au bout de 2 années de Sport Etude, j’ai été champion de France. J’ai ensuite gagné des médailles aux championnats du monde universitaire, tout autour du monde et enfin, j’ai gagné la plus belle médaille de ma carrière : 3ème au championnat du monde par équipe. » 

 

Vint la partie conseil, David n’y alla pas par quatre chemins : 

« Lorsqu’on rentre en sport étude (et section sportive), on y rentre avec une démarche de haut niveau. En général, pour nous, ce n’est pas vraiment un sacrifice tous les entraînements, le régime alimentaire, car on est dans notre passion. Le sacrifice il vient plutôt du côté des parents ; ils vous voient moins souvent, c’est un investissement financier. Du coup, avec ça en tête, on fait aussi le sport étude pour ses parents, pour les sacrifices qu’ils font. » 

« Y’a des gens qui ont du talent ou en tout cas des prédispositions pour certaines disciplines, mais ce qui différentiera un athlète par rapport à un autre c’est le travail, l’entraînement. Ce qui vous rendra plus fort que les autres, c’est que vous vous entraînerez plus que les autres. Moi par exemple, les week-ends où je n’avais pas d’entraînement, j’allais faire des footings, du foot, du cardio, de la musculation, de la diet, … La progression se voit avec l’entraînement. » 

David nous raconta ensuite une anecdote : 

« En sport étude, j’étais avec un copain. Je m’entraînais fort, mais je n’étais pas très doué et j’étais surtout très têtu. L’entraîneur m’avait donné des conseils mais je ne mes avais pas écouté. A la fin de l’entraînement, il y eut une grosse engueulade du coach, et ça fini par ne parler plus que de moi et mon pote. Je pris une belle volée de bois vert. A la sortie, j’ai changé d’attitude, je me suis dit : Le coach veut que je fasse tout ce qu’il veut, ok, je vais tout faire. Mon pote lui, se brida, il décida de ne pas écouter le coach, il finit par disparaître du circuit. Moi au contraire, j’ai beaucoup progressé. Ça a été dur au début, il a fallu réapprendre, désapprendre les mauvaises habitudes prises. Mais le coach a vu que je l’écoutais, alors, il s’est plus occupé de moi. A votre avis, votre coach, entre quelqu’un qui n’en fait qu’à sa tête et quelqu’un qui l’écoute, de qui il va vouloir le plus s’occuper ? » 

 Une foule de mains se leva, les hockeyeurs avaient préparés leurs questions, après tous ces conseils, ils voulaient les poser. 

Hockeyeur : « C’était facile de gagner les combats ? » 

David Inquel : « Non, j’ai beaucoup chuté avant de gagner. Je parle de mes victoires, mais je ne parle pas des années d’avant où j’ai échoué. Mais ça m’a permis d’apprendre et de progresser » 

H : « Pourquoi avez-vous fait Sport Etude ? » 

D.I. : « Parce que j’aimais mon sport et que j’ai eu l’occasion de la faire » 

H : « Qu’est-ce que vous préférez ? » 

D.I. : « Gagner des médailles, c’est la meilleure des sensations » 

H : « Vous avez fait quoi après le judo ? » 

D.I. : « Après le judo, je suis passé à complétement autre chose. Mais le sport me manque beaucoup ; le frisson du combat. »  

H : « Pourquoi vous avez arrêté le judo ? » 

D.I. : « Je voulais participer aux Jeux Olympiques mais j’ai été positionné juste derrière le premier, en remplaçant. Du coup je n’ai pas été sélectionné, alors j’ai arrêté. » 

David conclu cet entretien sportif par ce conseil : 

« A 20 ans, après les combats, dans les vestiaires, il y avait des bières. Les mecs qui allaient aux JO, ils n’en buvaient pas des bières. Ah ils étaient là avec les autres, ne pas se séparer du groupe, mais ils restaient sérieux. Si vous buvez et/ou fumez, c’est sûrement ce qui vous fera perdre dans vos combats les plus durs, où vous êtes à égalité, mais que le mec en face lui, il boit pas, il fume pas alors il a ce petit plus qui le fera gagner, cette énergie en plus que vous avez gaspillé leur de votre dernière cigarette ». 

 


 

Partie étude (avec les parents) 

Les parents investirent la salle et David se représenta à ses derniers. Il précisa qu’il faisait un partage d’expérience et non pas comme ce qu’il faut faire ou pas faire. 

 

Il entama sa présentation en précisant qu’il était sûrement le judoka titré le plus diplômé de France. Il a fait plein d’étude, a eu plein de diplômes, plein de masters. 

Jusqu’à 25 ans, il faisait étude et judo. A partir de 25 ans, il ne fit plus que du judo.  Lorsque David demande en première partie aux enfants pourquoi il voulait être en section sportive, ils ont tous répondu : pour faire plus de sport. Ce sont des passionnés.  

En sport étude, tout devient plus difficile. Il faut toujours être plus fort que tous les autres garçons de votre âge. 

David découpa son parcours d’étude : 

En sport étude, j’étais bien. J’ai été champion de France, j’avais de bonnes notes. Après ça, j’ai fait une mauvaise orientation d’étude. Du coup, j’ai eu des résultats sportifs moyens et de mauvaises notes. J’ai fait une réorientation et ça été une super année sportive, les études étaient top et les notes aussi. J’ai été recruté à l’INSEP, j’avais d’excellentes notes mais mes performances étaient moyennes. Vint le service militaire, j’ai été avec ceux qui ne font que du sport ; je n’ai fait que du sport, j’ai eu d’excellentes performances. Après l’armée, j’ai été en FAC d’économie. J’ai eu d’excellentes notes mais je n’ai été que champion de France alors que j’avais des possibilités d’être champion d’Europe. Enfin, à partir de 25 ans, je n’ai fait que du sport et c’est là que j’ai remporté toutes mes médailles dont celle dont je suis le plus fier, 3ème en championnat du monde par équipe. 

David expliqua que jusqu’à 18 ans, tout le monde est sur un même pied d’égalité. Il faut bien bosser pour être tranquille et bien se concentrer sur le sport. Si les résultats scolaires vont bien, on est serein sur la glace, on peut bien se concentrer. Cependant, on fait plus de sport, plus d’étude, du coup, moins d’extras. A partir de 18 ans, si on fait un All In, je mets toutes mes billes dans le sport en conséquence, il y a de fortes chances que je sois meilleur. La concurrence est extrêmement rude, mais ça se tente et si ça ne fonctionne pas, ça fait comme si on avait redoublé, c’est pas si grave. Mais, si ça fonctionne bien, on a tout gagné ! Ce qui est dit, ce n’est pas de ne pas faire d’étude ; c’est juste de peut-être mettre en priorité le sport pour augmenter ses chances de réussite. Gagner une médaille, jamais vous n’aurez de plus grosse émotion, enfants et parents.  

 Enfin, David conclu en expliquant qu’après toutes ces difficultés sportives, il n’y a rien de plus simple que d’arriver en entreprise. C’est plus dur d’être contre un adversaire que devant un patron. 

Démarrez une conversation

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *